lundi 28 mai 2007

L'Eau des Collines

Ma prof de français disait souvent: peu importe la fin d'un livre, ce qui compte c'est la manière dont l'action est racontée. Et de citer les grandes tragédies grecques: tout le monde sait qu'Oedipe va foutre en l'air son papa et emboutir sa maman, mais le jeu des acteurs saura sublimer l'histoire et la rendre passionnante.
Pour tout vous dire, j'ai jamais été vraiment d'accord avec elle. La récente lecture du diptyque Jean de Florette / Manon des Sources m'en a d'ailleurs apporté la preuve. L'un ne peut se lire sans l'autre, et surtout, aucun ne peut se lire sans connaître le dénouement de cette tragédie familiale.

Il me faut pourtant admettre que ce qui fait la grandeur des ces deux livres, regroupés sous un même nom "L'Eau des Collines", c'est bien le style de Pagnol. Une écriture sans fioritures, qui retranscrit à merveille l'ambiance du petit village provencal des Bastides Blanches. Un village replié sur lui même et sur ses coutumes ancestrales, refusant les nouveaux venus autant que la modernité. Dans ce village, des personnages à la fois simples et touchants qui sont autant de caractères inoubliables: on y trouve Ugolin, paysan cupide mais dont la gaucherie ne laisse jamais insensible, Jean de Florette, bossu rempli d'humanité, et surtout Manon, sa fille, dont la beauté et le caractère puissant illuminent les pages de deuxième volet de cette histoire.

La simplicité du style rend hommage à ses âmes tout aussi simples, et fait de ce livre un rédcit émouvant, empreint de drôlerie et de tendresse. L'Eau des Collines n'a pas fini de couler, et d'abreuver des générations de lecteurs...

Aucun commentaire: